Ceci est le blog que je tiens pour les élèves dont j'ai la charge au collège Alain de Maromme.

mardi 3 juillet 2012

Les manuscrits de Tombouctou



Tombouctou est une cité des sables située au nord-est de l’actuel Mali, aux confins sud de l’immense désert du Sahara, sur la rive gauche du fleuve Niger. Fondée vers le XIe siècle par les Touaregs, la cité s’impose, à partir du XIVe siècle, comme un centre de commerce capital entre l’ancien Soudan  et le Maghreb. Le sel de Taoudenni, l’or des mines de Buré et les esclaves du Ghana y transitent. Marchands arabes et perses y côtoient des voyageurs et des philosophes musulmans animés du désir de gagner à la foi d’Allah les populations locales. 
Au XVe siècle, Tombouctou comptait probablement 100 000 habitants (contre 30 000 aujourd’hui). Une université et plus de 180 écoles coraniques se construisent, accueillant jusqu’à 25 000 étudiants. Les savants affluent, des copistes sont engagés à plein temps pour prendre en note leurs enseignements. Des centaines de scribes, payés par le roi ou les aristocrates, copient des milliers d’ouvrages de théologie, de littérature, de science, de géographie, d’histoire ou de droit apportés par les commerçants nomades. Sur place sont également élaborés des recueils de poésie et de musique, parfois illustrés de délicates enluminures d’or. Ces textes parlent d’islam, mais aussi d’astronomie, de musique, de botanique, de généalogie, d’anatomie. Outre les ouvrages savants, on trouve des correspondances, des listes comptables, des relevés administratifs, parfois des journaux intimes, car durant l’âge d’or de Tombouctou, presque tous ses habitants étaient alphabétisés. 
Ces textes rédigés en arabe ou en peul étaient recopiés sur des omoplates de chameaux, des peaux de moutons, de l’écorce et parfois du papier ramené d’Italie. Aujourd’hui, on appelle “manuscrits de Tombouctou” l’ensemble des documents datant des XIIe et XIIIe siècles, mais également les copies plus récentes des XVIIIe ou XIXe siècles. On évalue à de plus de 15 000 le nombre de documents déjà exhumés et répertoriés sous l’égide de l’Unesco, et à 80 000 le nombre de manuscrits qui dormiraient encore dans des malles ou au fond des greniers de la ville. La grande majorité des manuscrits sont conservés comme des trésors par les familles de Tombouctou dans le secret des maisons et des bibliothèques privées. 
Vous trouverez ici un lien vers un article du Magazine Le Monde consacré aux manuscrits.

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